Les films de Moretti sont généralement des petits joyaux ; celui-ci en est un de plus.
Il repose une fois encore sur une histoire de famille.
Elle quitte le père de leur fille adolescente ; cette femme superbe, interprétée par Margherita Buy, a un frère interprété par Moretti lui-même, comme chaque fois acteur de ses films. Leur Mère décline, elle va mourir.
Margherita a un métier compliqué : metteur en scène de cinéma et elle tourne un film social avec une « vedette » américaine qui vaut le détour.
Voilà sur quoi est construit ce scénario aussi raffiné que ces tableaux de famille d’autrefois, dans lesquels tout était subtilement dit ; il y en a tant, de tous les styles, de toutes les époques.
Ici le style est délicat, léger, sans que rien ne soit appuyé, avec ce touché si élégant dans la mise en scène, la direction d’acteur, qui fait du spectacle triste d’une fin de vie, un moment de rencontre, de confrontations savoureuses, qui donne un supplément d’âme aux choses banales de la vie.
Le tournage n’est pas une chose si banale, mais vous serez conquis par ces évocations qui valent leur pesant de drôlerie dans quelques scènes que Moretti a manifestement pris plaisir à mettre dans son film : l’acteur nul qui fait sa crise, les divergences avec les techniciens, les choix de priorité sans cesse à faire par une réalisatrice, mère de famille, en cours de divorce, avec un frère qui doit, comme elle, s’occuper du bien être de leur maman. Et en conclusion, la vie continue. Avec ses angoisses, ses rires et ses larmes.