Comment peut-on aimer cela ? Cette productrice, actrice et réalisatrice de 14 longs métrages (j'en ai commenté un, Ma mère est folle -- 568) s'est embarquée dans une galère que le plus élémentaire bon sens aurait dû nous épargner. Tout est catastrophique.
Roschdy Zem, excellent acteur, en Montand est descendu aux abysses.
La Tour 2 contrôle infernale (219) Barbaque (871) La Fracture (887) As Bestas (1015) L'Année du requin (1016) sont quelques-uns des films que j'ai commentés parmi ceux, innombrables, dans lesquelles Marina Foïs exerce ses talents plus ou moins bien utilisés par des réalisateurs de niveaux contrastés. Ici cette comédienne, très présente dans le cinéma français mais pas encore une figure marquante, a dû succomber à la tentation de se glisser dans la peau d'une comédienne mythique. Et ma foi c'est un bide total. Hélas, car si elle est ridicule en essayant d'incarner Simone Signoret, elle montre ses talents dans de nombreuses scènes et sa capacité d'abattage dans certains dialogues, aussi mal écrits soient-ils.
Autour de ce couple gravitent des personnages célèbres, Serge Reggiani, François Perier, Jean-Louis et Nadine Trintignant, Claude Sautet, Alain Corneau et Catherine Allégret bien entendu. Tous sont pitoyables, pas seulement à cause de leurs textes, pas seulement parce qu'ils ne ressemblent en rien aux personnages qu'ils sont supposés incarner, mais parce qu'ils sont très mal dirigés, qu'ils s'ennuient en attendant que leur scène s'achève.
Un exemple de ces scènes longues et ennuyeuses, c'est celle du dîner durant lequel Montand drague une petite qui n'a que ses grands yeux écarquillés pour exprimer sa fascination devant un cobra de pacotille.
Ce biopic souffre des trois défauts classiques. L'impossibilité d'adhérer aux acteurs qui, comme dans Aznavour (1570) crée un malaise par rapport à leur personnage historique. La durée de la vie évoquée est beaucoup trop longue, ce qui empêche d'approfondir certains moments intéressants. Et la médiocre exploitation des personnages secondaires.
La mise en scène est laborieuse et répétitive ; mêmes cadres dans les mêmes lieux où l'on revient souvent car il faut bien meubler le temps par des dialogues sans personnalité.
L'utilisation maladroite de quelques chansons célèbres donne envie de voir leur vrai interprète. Car voir cet acteur qui chantonne en accentuant le sifflement si caractéristique de la diction de Montand est une vraie souffrance. Elle s'ajoute à celles de Simone Signoret, noyée dans des récits de journaux à sensation qui ne se lisent que dans les caniveaux. Est-ce que dans ce couple il ne se passait que des histoires pitoyables de polyamour ? Ce film passera, comme Les Feuilles mortes que le vent du Nord emporte dans la nuit froide de l'oubli.