Ce 24e James Bond m’a permis de me replonger dans cet univers que je ne fréquentais plus depuis des décennies. Et il m’a réconforté dans cette façon de faire. Même si, à 300 millions de dollars, le spectateur n’est pas volé. Le pré-générique tourné en un plan lors de la Fête des Morts à Mexico est absolument époustouflant. Comme sont époustouflantes maintes séquences de poursuites et de cascades. Hélicoptères, voitures, avions sans ailes se transformant en bobsled, bateaux, bref tout ce qui a un moteur et peut servir de ring lors de bagarres et de compétitions entre le Bien et le Mal. Qui sont caricaturés au niveau des enfants de 12 ans de moyenne. Il y a aussi un côté catalogue du Club Med, exhibant des destinations exotiques en carton pâtes à force d’avoir été aseptisées pour les besoins du film : Même Londres est vidée. Avec notre Niveau 4 de protection contre le péril terroriste, nous passons pour des amateurs !
On se tape dessus comme à la foire, mais dans une voiture de train qui se décompose par panneaux entiers sous le choc des corps projetés avec bestialité, dans un hélicoptère qui survole la foule,
lors d’assemblées dont on ne sait si ce sont des conseils d’administration ou des synodes réunissant les forces maléfiques. Bref, d’un infantilisme réjouissant, truffé d’*inside jokes, de placement de produit et d’autoréférence à la saga 007.
Je comprends que cela puisse amuser, fasciner. Personnellement cela m’ennuie un peu et me déplait en ceci que de tels moyens, un immense savoir-faire, de réels talents, soient ainsi mobilisés pour des sujets qui ne dépassent guère le niveau abrutissant des jeux vidéo. A cela s’ajoute une musique tonitruante qui doit s’efforcer de créer le rythme, les tensions, les clins d’oreille référentiels au thème Bond bien connu. Bref, comme au bord d’un circuit de formule 1, boules quies indispensables. Et résultat connu d’avance. Avec les interludes de charmes totalement désuets mais redécouvrir Léa Seydoux en comédienne internationale, sans morve, et souriante, n’est pas déplaisant. Bref, un film sans second degré alors que c’est la caractéristique qui devrait le distinguer d’un divertissement puéril.