Étrange. Et, osons le dire, famélique. Ce réalisateur est un marathonien du cinématographe : Jeune et Jolie (33) L'Amant double (114) Frantz (300) Grâce à dieu (631) Été 85 (773) Tout c'est bien passé (853) Peter von Kant (996) Mon crime (1153) Quand vient l'automne (1537) et une quinzaine d'autres !
Le film est très élégant et beau à regarder, avec une image en N/B magnifique du belge Manu Dacosse. Les reconstitutions des décors sont particulièrement bien soignées mais c'est la leçon de cinéma du découpage technique des séquences qui est éblouissant : mouvements de la caméra, jeux avec les miroirs, choix des focales et placement des cadres. Un enchantement dans un récit quasi muet et sans surprise, dont la musique est subtile et agréable à écouter. Mais il n'y a pas d'enjeu durant la première heure.
Les protagonistes sont présentés très classiquement. Un coup de chapeau pour Denis Lavant et son chien. Une scène de prison ouvre le film ; une autre, brève, en marque la mi-temps et soudain le récit change de genre et bascule dans celui, classique, d'un film de prétoire avec belles plaidoiries, suivies de longs échanges d'inspiration philosophique, mais qui restent très scolaires. Pour en arriver à la conclusion que « Nous sommes tous coupables ». Soit.
Une des vertus du film est de rendre hommage à Fernandel et au film de Marcel Pagnol, Le Schpountz. Insurpassable.