C'est tout petit ! C'est le scénario qui rétrécit. Le réalisateur se croit de grand format : Mon cousin (790) après Dobermann, 99 francs, Les Infidèles parmi d'autres. Nous retombons dans le même travers : essayer sans y réussir, de nous épater.
Le début de l'histoire est prétentieusement philosophique, façon comptoir de café du commerce. On y évoque en voix off les lois de l'univers et quelques autres banalités.
Le sujet ne démarre pas car le réalisateur s'applique laborieusement à nous présenter les personnages. Lui est patron d'une entreprise qui fabrique des bateaux en bois. Il est le père d'une gosse mignonne et un peu agaçante, dont la maman, l'épouse, est filmée avec une muflerie rarement aussi systématique. En tout, je crois, deux plans rapprochés, le reste de ses interventions sont en plans larges, elle, souvent en profil perdu. Ce qui donne l'impression que le réalisateur a voulu la punir. Le film égrène des dates, avec l'espoir de créer un rythme, un décompte stressant. La « famille heureuse » est lourdement présentée avant que le phénomène de rétrécissement ne débute. C'est la musique très appuyée qui a pour mission de créer l'effroi.
Comme rien n'est crédible, cela en devient ridicule malgré tout le mal que se donne Jean Dujardin et malgré la démonstration très académique des trucages en tous genres.
Le principe théorique de ce rétrécissement est une diminution homogène proportionnelle qui se produit lorsque deux grandeurs évoluent au même rythme, de manière multiplicative, où une augmentation ou une diminution de l'une entraîne une augmentation ou une diminution proportionnelle de l'autre. Ce qui nous vaut des araignées, des fourmis qui sont supposées nous effrayer, sorte d'Alien pour magasin de farces et attrapes qui ne font pas la farce et n'attrapent personne sauf ce malheureux homoncule qui se bat avec une aiguille à coudre et un attache-tout. Arachnophobes, s'abstenir. Quant aux poncifs philosophiques, je ne résiste pas à en partager quelques-uns avec vous. Ils plombent la fin de ce pensum : Vivre, c'est apprendre à mourir. Peut-être faudrait-il mourir pour apprendre à vivre ? Et pour rassurer : Je n'ai plus peur, je suis réconcilié. Et comble de l'abscons : Je ne sais pas où je suis mais je suis là.
Bref, un film qui ne vous grandit pas.