Elles réchauffent mais n'embrasent pas.
Le réalisateur de Les Promesses (922) avec Isabelle Huppert nous revient sur un thème social intéressant et abordé de façon subtile, celui des Gilets jaunes.
C'est par le prisme d'un couple que nous allons partager cette aventure sans précédent dans l'histoire sociale française. Par le petit bout de la lorgnette nous suivrons quelques militants sans que cela ne débouche sur une analyse approfondie de ce mouvement qui n'a pas obtenu l'équivalent des Accords de Grenelle.
Arieh Worthalter, est le père de deux adolescents dont la mère est Virginie Efira.
Ils composent une famille « ordinaire ». Lui dirige une petite entreprise de transports par camions, elle est ouvrière dans une usine locale où l'organisation du travail déjà la préoccupe sans avoir fait d'elle une déléguée syndicale.
Nous assisterons à l'éveil de sa conscience sociale et politique pendant que son mari sera confronté aux problèmes de la gestion de sa société, ce qui le pousse dans un premier temps à une sorte d'« aplaventrisme ». Son épouse au contraire va se radicaliser. Et la vie familiale est bien rendue dans ce contexte, en particulier dans une de ces séquences qui sont chaque fois un défi pour les metteurs en scène, le repas de Noël durant lequel tout le monde est autour de la table.
Les enjeux sont évoqués pour atteindre une société plus juste, plus égalitaire. Que faire pour changer le système ?
Est-ce pour nous faire sentir un avenir sombre que les images de Christophe Beaucarne sont très sous-exposées ? Le procédé devient lassant et ne permettra guère aux téléspectateurs de tout voir. La musique, en contrepoint de ces situations très « prolétariennes » amène un certain lyrisme élégant. Et si la fin du film est un peu bisounours, les réflexions qu'il suscite ne sont pas seulement celles de ce mouvement qui a tant frappé les esprits. Ces braises méritent que l'on souffle dessus.