Ce film annoncé comme une bombe (appréciez le bon goût...) en ces temps de radicalisation islamiste, est intéressant même s’il est mal écrit et maladroit à maints égards.
Le sujet est simple : une adolescente quitte mystérieusement sa famille et le père, puis le frère seul, partent à sa recherche. Cela dure des années. 15 ans, mal perçus par manque de précisions dans la structure narrative du film.
Les questions soulevées sont d’importance : confusions entre amourettes et mise sous chape, recherche d’idéaux et adhésion à la confusion religio-révolutionnaire, autorité familiale ou respect du choix libre de ses membres etc.
S’en suit une succession de situations qui partent d’une espèce de ranch pour nostalgiques d’un Far West en fer blanc pour aller un peu en de multiples directions. C’est bien normal dira-t-on, quand on ne sait où chercher. Des camps Roms, des faussaires anver-sois, des mosquées pourries par des radicaux édentés, des ONG parachutées en pleine confusion, des trafiquants d’êtres humains, des magouilleurs comme il doit en exister à la marge de tous conflits, sorte de prostitués de la négociation, comme l’étaient les cantinières des armées en campagne.
Bref tout cela baigne dans un milieu marginalisé dont on ne sait s’il sort de l’imaginaire du scénariste ou s’il est le fruit d’une enquête approfondie. Car un certain « réalisme » et des références
lourdes (9/11, attentats de Madrid et Londres) tendent à créer des liens entre ce récit très individuel et la généralité géopolitique. Oui, pourquoi pas ; mais c’est un peu ampoulé et brouillon.
Et assez maladroit, réalisé de façon mal dégrossie par celui qui avait écrit un autre scénario très confus sur un sujet voisin : Dhee-pan. (132)
Avec ici un casting moyen. François Damiens essaye de faire oublier un moment qu’il est mauvais comme pas possible ; bel effort. Mais le reste des personnages semblent inspirés par un néo-réa-lisme italien, appuyé et sans nuances.
Bref un film à voir car il interpelle par son sujet et ses développements en tous sens. Mais comme un jardin mal entretenu, les belles choses sont noyées dans une luxuriance sauvage. Et j’y ai ressenti un arrière-goût raciste, qui donne à croire qu’un seul modèle de vie est enviable, dans les grands espaces naturels au pieds des Alpes dans notre « vraie » France... Suspect tout cela.
Bref cette « bombe » est plutôt un pétard mouillé.