Ils vivent un cauchemar, celui des enfants placés à l'isolement en service psychiatrique, à l'hôpital Necker dans ce film, suite, le plus généralement, à une tentative de suicide.
Le film commence de façon vive par un pré-générique qui nous présente une famille dont le couple de parents, très égocentrés, pose la question de savoir si une mère est prisonnière du choix entre sa vie personnelle, celle d'épouse ou celle de maman.
L'histoire va nous proposer deux périodes qui s'entremêlent, celle de l'enfance et celle de la vie d'une adulte qui fut cet enfant. C'est la réalisatrice qui assume le rôle adulte de façon un peu « bonne sœur ».
Sa biographie est décrite dans un style très souligné et répétitif. Jeune, elle est rapidement placée en section fermée et c'est ainsi que nous allons connaître des « cas » exemplaires de drames d'enfants victimes d'un monde qui ne leur permet pas de prendre leur envol, thème souligné par des animations d'oiseaux. La fin du film sera la pièce La Mouette jouée au théâtre de La Renaissance, au cas où vous n'auriez pas compris le message.
L'intention du déroulement de ces deux temporalités est très claire : montrer que la guérison est possible, qu'une lumière brille même dans l'obscurité la plus profonde.
Mais hélas, tout cela est un peu mièvre à cause de longueurs, de répétitions inutiles, de scènes trop appuyées, et surtout un casting d'adolescents, certes bien typés, mais médiocres comédiens.
Cette déception étant exprimée, ce film a un immense mérite, celui de souligner l'ampleur de cette problématique de la psychiatrie pour ados et la complexité des techniques mises en œuvres : médicales, pharmacologique, analytiques, l'art thérapie...
A cet égard il est amusant de souligner que la musique, très importante dans le film comme dans cette phase de la vie, a été mise en œuvre par le frère de la réalisatrice que l'on voit brièvement incarné à l'âge adulte par ce toujours excellent Alex Lutz.
Un film à soutenir car, s'il ne fait pas rêver, il est pavé de bonnes intentions et crée l'empathie.