Ce réalisateur nous présente ici pratiquement sa quinzième œuvre et j'en avais commenté une : Paterson (336). C'est un auteur pour festival, sophistiqué, un peu maniéré mais d'une élégance formelle, d'un humour retenu et d'une inspiration quasi philosophique.
Il nous propose ici 3 films, les 2 premiers de 45' environ sont en miroir, montrant un père puis une mère qui reçoivent leurs deux enfants, adultes. Un fils et une fille pour le père dans le New Jersey, deux sœurs pour la mère à Dublin.
Quant au troisième film, un peu plus court, il nous fait partager à Paris, une sorte de pèlerinage sentimental de deux jumeaux de sexes différents qui reviennent là où vécurent leurs parents. Le seul clin d'œil qui relie ces 3 moments, c'est le passage de jeunes sur planche à roulettes. Je n'en ai pas compris le sens.
L'idée qui sous-tend ces récits est d'illustrer, non sans un humour sous-jacent, la vacuité des liens familiaux.
Tout cela est filmé avec un extrême raffinement qui correspond subtilement au formalisme déshumanisé des rapports entre générations, dépourvus de tout sentiment, de toute émotion.
C'est peut-être ce que vous ressentirez aussi.