Misérable, du cinéma comme on n'ose plus en faire depuis la Nouvelle Vague.
L'histoire est connue, ce qui n'aide pas à surprendre le spectateur. Le choix ici est d'en évoquer seulement le début, en 1815.
Ce qui nous vaut des dialogues sentencieux, pleins de prêchi-prêchas, de lieux communs caricaturaux, genre « Pourquoi enjamber le mur quand la porte est ouverte ».
Des voix off un peu redondantes nous expliquent, en le soulignant, ce qu'il faut comprendre.
La misère entraine l'homme vers le pire. Et les séquences des activités au bagne montrent bien que le pire n'est pas toujours le fait des miséreux condamnés.
Des flash-back ou des séquences oniriques nous expliquent ce qui s'est passé dans la vie ou ce qui se passe dans la tête de ce misérable cherchant la rédemption.
Ce que je vois d'intéressant dans le propos, c'est l'analogie entre le sort des vagabonds d'alors et des migrants d'aujourd'hui, rejetés de toutes parts à cause des pires préjugés.
L'évêque façon prêtre ouvrier qui nous bassine de ses propos de sacristie, ne répond en rien à l'interrogation pleine de bon sens qui est de savoir où était dieu au bagne, ni, pourrait-on ajouter aujourd'hui, à Auschwitz, au Rwanda où à Gaza.
La musique lourde accentue les ambiances très plombées.
Mais il faut souligner la beauté des images, le traitement photographique très stylé qui tente de restituer l'époque. Et le rôle est très bien tenu par Grégory Gadebois dont on peut s'étonner tout de même de le voir grassouillet au retour du bagne, malgré sa perte de poids volontaire pour assumer le rôle d'un homme souffrant de la faim.
Ce réalisateur m'a déjà donné l'occasion de commenter Le Goût des merveilles (191) Délicieux (852) Les Choses simples (1134) et Louise Violet (1521).
Alexandra Lamy, Isabelle Carré comme Grégory Gadebois sont des partenaires récurrents de ce réalisateur. Les images de nature sont comme toujours admirables et les extérieurs très bien mis en valeur.
Ce film sera un moment plaisant pour qui se contente d'un voyage dans le temps et d'un récit sans surprise comme il est de mode dans une certaine production française actuelle.