Film incomparable, exceptionnel et tout à fait singulier. Comme son titre l'indique en grec ou en anglais, il s'agit d'une poule.
Nous la voyons naître, puis vagabonder, arriver dans une famille complétement dysfonctionnelle et survivre aux pires dangers auxquels ce gallinacé sera confronté.
L'expression « un mouton noir » est transposée ici à un animal à plume à qui des aventures inimaginables vont faire porter un regard stupéfait sur ce qui l'entoure, au fil de ses découvertes.
Non seulement le film est irracontable tellement il est échevelé, riche d'événements en tous genre, mais surtout la surprise des séquences successives doit se faire en salle pour être entièrement appréciée. La photographie est très réussie, le travail des focales est hallucinant qui nous fait voir les têtes de ces volatiles d'une façon saisissante. Souvent c'est le point de vue de l'animal qui détermine les placements d'une caméra d'une incroyable virtuosité. Les mouvements qui suivent les déplacements apparemment totalement aléatoires de cette bestiole sont d'une variété et d'une acrobatie magique car sans cesse l'on se pose la question de savoir comment il a été possible de faire cette mise en scène. Un discret changement de format à un moment fait comprendre et ressentir que l'univers de cette poule baladeuse s'élargit.
La bande sonore est très travaillée ce qui donne vie à ces animaux de façon souvent amusante. Les ambiances, les musiques concourent à la construction d'un univers bien entendu allégorique, mais dont le décodage polysémique est tellement riche qu'à n'en pas douter, chaque spectateur ressortira de la salle avec sa propre grille de lecture.
Ce réalisateur hongrois compte déjà une dizaine de films à son actif et celui-ci est particulièrement talentueux et surprenant. Et il ne donne pas la chair de poule.