Choisir Beyrouth comme lieu de narration pour parler de l'amour, c'est un magnifique défi, bien réussi ici parce que toutes les complexités de l'amour entrent en résonnance avec le destin de cette ville martyre. Deux chronologies s'alternent après un prologue très dynamique qui nous présente deux jeunes, au moment du coming of age. Leurs joies et leurs rêves sont entrainants, nous montrant déjà que le train symbolise l'envie de quitter ce lieu dévasté.
Et la fin du film reviendra sur cette image forte. Comme celle de l'île de rêve, que la mer, si présente à Beyrouth, isole des turpitudes du monde.
L'histoire un peu échevelée nous raconte les retrouvailles de ces deux jeunes, lorsqu'à l'âge adulte, renaissent leurs émotions juvéniles. A noter : c'est la fille qui prend l'initiative du premier baiser.
La succession rapide de scènes très variées donne une ambiance qu'un humour constant soutient avec bonheur. Les parcours de cette femme et de cet homme n'étaient pas faits pour se mêler. Et d'ailleurs la tentation pour elle de quitter le Liban sera un élément important des enjeux multiples de cette aventure qui baigne dans une espèce de folie douce inspirée peut-être par le désespoir que l'on essaye de cacher. Car comment s'émerveiller encore dans un monde fragile ?