La traduction du titre (*L'Odeur de mon père) est à la fois la réminiscence d'un lien olfactif entre le père et l'un de ses fils plus particulièrement, mais aussi la métaphore appuyée de l'ambiance que ce père fait régner autour de lui par sa personnalité dominante.
Ce film est un long et douloureux règlement de compte familial.
Un vieux père sort d'un coma de plusieurs semaines et revient chez lui, aidé par ses deux fils.
L'ainé, dominant, est aussi père de 2 jeunes enfants et il méprise son cadet, toxicomane.
C'est le prologue de l'histoire qui nous fait faire la connaissance de ce trio cruel. Le récit prend racine avant cet événement et la fin du film nous y ramènera.
Les portraits de ces 3 personnages sont riches et c'est une description complexe, douloureuse, cruelle souvent, qui nous est proposée de ces relations intrafamiliales dans lesquelles la mère a laissé un grand vide.
Le traitement cinématographique est très classique, les intentions très appuyées ce qui accentue encore la lourdeur de l'ambiance. Nous sommes à Alexandrie, il pleut sans cesse, l'appartement est un lieu sans ouverture sur l'environnement et la voiture sert de cellule favorisant le dialogue mais aussi les rapports de force et les tensions entre père et fils.
L'unité de temps contribue à donner de ce dialogue crépusculaire une urgence quasi vitale, celle des derniers mots avant l'adieu final qui ne laissera plus que le parfum d'un passé à jamais révolu.