C’est un biopic dont on connaît l’histoire, celle des échanges d’espions durant la Guerre froide.
Et ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que l’ambiance reste durant tout le film, un suspens mi politique, mi policier, mené il est vrai d’une main de maître par un certain Spielberg.
Le récit est strictement chronologique et les complications scé-naristiques, bien suffisantes, viennent uniquement des imbroglios de l’histoire complexe dans laquelle est projeté un avocat spécialiste des questions de primes d’assurance.
Et tout est parfait : les acteurs, les reconstitutions d’époque, grandioses, la photographie très spécifique mais qui s’impose et nimbe tout le film d’une ambiance lumineuse de... Guerre froide. Car il n’y a rien de gratuit dans ce film. Les positions de caméra sont toujours signifiantes : vue en plongée, mouvements d’appareil comme un regard qui scrute, les angles de prise de vue sont à chaque plan
d’une pertinence absolue. Le montage rythmé comme les notes et les mouvements d’une symphonie. Bref un moment exceptionnel de cinéma, d’autant plus que l’on reste dans un genre classique d’histoire, disons, récente.
Ce qui augmente encore notre plaisir de spectateur et l’intérêt du film est de voir comment c’était, l’Amérique d’alors, le Berlin de la Guerre froide. Très en détail. Un tel film devrait être obligatoire en secondaire, au cours d’histoire. Car le contexte est particulièrement bien expliqué.
Obligatoire aussi en écriture de scénario, car rarement l’on voit un film tissé comme une toile d’araignée dans laquelle chaque moment fait trembler plusieurs liens reliés entre eux par l’imagination exceptionnelle des auteurs. Vous remarquerez les deux vues similaires depuis le métro aérien ; et ce n’est qu’un exemple par-mi mille autres. Un coup de chapeau pour les vues aériennes de l’avion espion.