Allez regarder ce qui s'y passe ! La réalisatrice marocaine formée à l'INSAS a déjà montré dans son précédent film Sofia son intérêt pour la difficile question des relations sexuelles hors mariage, interdites dans son pays. Et au-delà, comme ici, l'emprise sociale sur la vie intime de chacun, surtout de chacune.
Ce thème est traité à nouveau dans le contexte d'une histoire ordinaire, presque banale devrait-on dire, dont l'objet est la lâcheté des hommes. L'écriture est simple et linéaire, très claire, parfois un peu clichée mais elle ne cherche jamais d'effet visuel ou de montage sophistiqué.
Nous suivons un jeune homme qui va céder successivement à deux tentations irréconciliables.
La caméra, chaque fois, s'adapte aux moments calmes ou de tension, elle est statique ou très mobile, exprimant la nervosité, les émotions en lien avec chaque séquence.
Le comédien incarne magnifiquement ce personnage attiré tant par l'amour que par l'espoir d'une ascension sociale pour laquelle il se sent mal armé.
La rencontre d'une famille française très riche à Tanger va bouleverser sa vie. Sara Giraudeau la fille, sa mère Carole Bouquet et le mari Olivier Rabourdin sont parfaits mais personnellement c'est Nadia Kounda qui est la personne à retenir car elle assume un rôle deux fois voué aux pires condamnations morales dans son pays. Elle le fait avec un talent rayonnant.
Ce film d'apparence classique recèle, pour un regard attentif, une grande richesse thématique, ce que dissimulent peut-être les palmiers, symboles d'un pays qui se veut attirant pour les touristes mais qui cache mal ses archaïsmes et les rapports sociaux, sources de profondes souffrances.