Un nouvel Envol (1122) d'un réalisateur aux talents multiples, originaux, qui dans une ambiance de récit classique, donne une dimension saisissante à ce biopic totalement hors des codes académiques. Et sans doute assez loin des anecdotes précises de la vie de son personnage. C'est le souffle d'une folie artistique, un peu hystérique, qui nous est interprété de façon magistrale par Valeria Bruni Tedeschi qui nous tient en haleine, la confrontation avec sa fille sobrement interprétée par Noémie Merlant, la rencontre avec la grande rivale française, Sahara Bernard campée par une autre Noémie, Lvovsky, fellinienne, et tant d'autres qui, bien qu'outranciers dans leurs interprétations, forment une galerie de portraits dans laquelle déambule cette star européenne du théâtre qui a fait l'objet d'un autre film déjà réalisé par Comencini.
Les décors, les costumes, tout concoure à donner à ce récit où l'extravagance ne faiblit jamais un souffle rare et ancré dans l'histoire. Le film débute durant la guerre de 14/18 et se termine lorsque Mussolini devient le leader funeste qui, aujourd'hui est redevenu une référence.
L'utilisation d'archives d'époque, comme dans son précédent film, donne au réalisateur l'opportunité de relier son récit à celui de la grande histoire symbolisée ici par le transport du Soldat inconnu par chemin de fer d'abord, en grande pompe ensuite.
L'une des choses qui retient le regard, c'est la façon de cadrer, très à l'affût des minuscules expressions, montrant sans artifice les rides, les maquillages maladroits accentuant les effets de la maladie, les souffrance de l'âme. Ce n'est plus du théâtre, mais quel spectacle !