A connaître ! Un film inattendu qui nous raconte, avec le décalage visuel (1983-1984) de la reconstitution d'époque, parfois très spectaculaire, l'attribution de ce marché hyper prestigieux à une œuvre qui devait compléter la perspective qui, du Louvre, va jusqu'à La Défense.
Il ne faut rien dire de cette affaire très complexe dans laquelle Mitterrand a joué un rôle central, à un moment contrarié suite à l'élection de mars 1986 qui entraîna la cohabitation.
Nous partageons l'intimité des mécanismes de décisions et ils sont édifiants, ainsi que les rapports de force, les luttes d'influence et les antichambres du pouvoir, la rivalité entre le pouvoir public et l'entreprise privée.
Les images sont souvent spectaculaires et les caractères qui s'affrontent, d'une exigence intransigeante.
J'avais apprécié déjà de ce réalisateur l'excellent La Fille au bracelet (758) mais ici nous quittons l'intimité du tribunal pour les vastes chantiers admirablement mis en image.
C'est le roman éponyme de Laurence Cossé qui a inspiré le réalisateur, lui-même très versé dans les questions d'architecture qu'il a étudié et abondamment filmé à ses débuts de carrière.
Grâce à des trucages invisibles mais essentiels, l'univers de ce chantier pharaonique et bien restitué s'inscrit dans un cadre 4/3 qui lui aussi est d'époque. Si la Grande Arche est mondialement connue, le nom de son concepteur, Johan Otto von Spreckelsen, risque bien de rester inconnu, sauf pour le public de ce passionnant récit.