Ce n'est pas vrai, ni les spectateurs, car l'intérêt de ce film sensible, bien interprété, réalisé avec un soin appliqué est totalement absent du récit : pourquoi cette mère abandonne-t-elle ses enfants à sa sœur ? Cette sœur célibataire va avoir un comportement irréprochable et assumera sa nièce et son neveu, mais nous ne connaîtrons même pas le contenu de la lettre laissée par la mère lors de son départ, de sa disparition.
Certes quelques complexités policières et juridiques vont nous être expliquées. Comme seront évoquées la profession de la tante, sa vie intime, quelques réminiscences familiales.
Les deux enfants sont très convaincants et les situations choisies pour que s'exprime leur désarroi sont bien observées. Bagarre à l'école, refus de sortir du bain, énurésie nocturne, moments de chagrin. Mais il n'y a là rien que de classique.
Une chose que le réalisateur semble avoir voulu matérialiser est l'incommunicabilité.
Les vitres de la voiture, celles de la cage d'escalier dans l'école, du living lors du repas, e.a. Et sans doute n'est-ce pas un hasard si la dernière image du film est à nouveau celle d'une fenêtre, cette fois en ombre chinoise.
Dans le précédent film de ce réalisateur, Toni en famille (1281) Camille Cotin déjà incarnait une mère, mais alors dynamique, vivant dans un tourbillon familial. Ici nous restons au niveau des émotions retenues et mal partagées, hélas.