Le 23 avril 2013, la loi dite Taubira est votée à l'Assemblée nationale en France. En substance elle autorise le mariage homosexuel et l'adoption pour les couples de même sexe.
Le film qui nous est proposé suit les 3 derniers mois d'une grossesse, avec un immense talent et une infinie délicatesse, nous montrant le vécu de deux jeunes femmes, mariées, dont l'une porte leur bébé. Cette mère a bénéficié d'une PMA (Procréation Médicalement Assistée).
Un récit simple qui nous fait partager une multitude de situations que ce projet atypique rend particulièrement interpellantes. Parmi les moments qui illustrent la difficulté d'assumer cette situation socialement nouvelle, un babysitting (il faut bien s'exercer) un dialogue difficile avec une mère pianiste célèbre (façon Martha Argerich) le dîner de famille, la première consultation avec un gynécologue débutant et mal préparé à cette situation,...
C'est un festival de séquences où s'expriment maladresses, mufleries, provocations plus ou moins volontaires, mais qui, toutes, reflètent la gamme de moments difficiles à vivre pour ces deux femmes. L'humour très présent nous évite la démonstration didactique.
Ce qui est très finement montré aussi, ce sont les conséquences de ces confrontations sur le couple, les différences sensibles qui, progressivement vont modifier leur relation.
L'intérêt de ce premier film que l'on dit autobiographique, est d'enrichir nos réflexions sur tous ces mouvements, ces comportements nouveaux tels que l'homosexualité enfin assumée publiquement, les personnes en « transition de genre », les queer, le polyamour, la dysphorie, le genre assigné et toutes ces situations « nouvelles » en ceci au moins que l'on en parle ouvertement.
Un très bon exemple de ce que le cinéma peut nous apporter : découvrir l'intimité de l'épreuve d'amour s'il n'est pas conventionnel.