Vous y serez extrêmement bien reçu ! C'est un film indispensable, de ceux dont on se souvient toute notre vie.
Parce qu'il est admirablement réalisé, pas un plan non signifiant, pas une faiblesse de rythme, pas une erreur de montage.
Parce qu'il est admirablement interprété par un casting abondant où chacune (il y a aussi quelques hommes) est parfaite de naturel, d'intériorité, de sincérité dans les émotions les plus intenses. Et leurs textes sont d'une justesse absolue.
Parce qu'il traite d'un sujet, enfin mis en pleine lumière qui concerne tout le monde, celui des violences faites aux femmes.
Oui, il faut voir, écouter, pleurer avec elles, devant cette litanie de drames : féminicides, viols, violences physiques et mentales, excisions, addictions, emprises ou dissociations mentales qui leurs sont imposés.
Ce film nous en apprend beaucoup, ce qui devrait aider chacun à détecter, surprendre, identifier ces drames le plus souvent cachés, par peur, par convenance sociale, par cette honte qui doit changer de côté, désigner les bourreaux et plus les victimes.
Le film est intéressant aussi parce qu'y sont montrées les pratiques d'accueil, bienveillantes et quotidiennes dans ces « maisons » qui ne sont plus de tolérance. Mais qui sont si mal soutenues par les pouvoirs publics qui trouvent de l'argent pour les militaires, mais pas pour celles qui ont parfois été leurs victimes.
Un briefing donné par la police est un bon exemple de ce que ce film nous apprend sur la façon dont la violence est légitimée en 4 phases, et la façon de la banaliser par leurs auteurs.
Vous serez sensibilisés aux techniques d'écoute, aux façons de redonner de l'estime à ces femmes qui ont tout perdu jusqu'à l'envie de vivre à cause du sort physique et moral qui leur est imposé par certains hommes.
Ce qui soulève cette question pertinente posée par une témoin « Je me demande pourquoi ça rend si con d'avoir une bitte ? ».
Défendre, protéger, redonner leur dignité physique et morale à ces femmes nécessite une force de caractère, une pugnacité parfois véhémente, violente. De l'imagination aussi lorsqu'il faut « sur-marketer » pour exister.
Comme le récit est celui d'une aventure réelle, on y retrouve en particulier les années Covid.
Et l'humour est abondamment présent entre les professionnelles qui se dévouent pour soulager d'autres femmes.
Vivement que La Maison des femmes deviennent la maison de tous, pour en finir avec la peur.