Une vraie leçon pour les pingouins que nous sommes parfois, grégaires, insensibles aux autres, à ce qui nous entoure.
L'humour ici est présent d'une façon aussi originale qu'émouvante, une leçon encore pour les humoristes vulgaires et sans inspiration qui occupent le devant de la scène. Le réalisateur nous avait convaincu de son talent avec Full Monty en 1997 déjà.
L'histoire est celle d'un professeur d'anglais qui rejoint le très huppé Saint George's College, à Buenos Aires, en 1976. Des circonstances farfelues lors d'un déplacement en Uruguay vont faire qu'un pingouin va s'imposer dans sa vie et transformer profondément sa relation avec ses élèves, ses proches, la communauté du collège et au-delà. Car l'Argentine bascule alors dans la dictature et le 24 mars Isabel Perón est renversée par Videla et sa clique prétendant imposer un Processus de réorganisation nationale qui sera génocidaire, jusqu'en décembre 1983, faisant plus de 30.000 disparus pour lesquels les « mères de la place de Mai » venaient inlassablement réclamer des informations.
Il faut se souvenir du soutien de Kissinger et des États-Unis à ce régime qui en annonçait d'autres en Amérique latine. Ce drame est évoqué allusivement durant le récit qui se concentre sur cet animal, nommé Juan Salvador (Jean le Sauveur), dont la présence incongrue va susciter de magnifiques moments d'une rare originalité.
Un film qui donne une leçon de vie incomparable.