Ce n'est pas Pâques, moins encore des œufs en chocolats, mais un (très) long chemin de croix.
Un de ces films fleuve de 2 heures 40 qui génèrent des publics aussi contrastés que déterminés à porter aux nues où à crucifier une œuvre assez époustouflante.
Ce qui est sympa c'est de souligner qu'ici la résurrection est l'apanage du cinéma.
En effet, les documents permettent de revivre des moments d'histoire.
Cinq époques sont successivement proposées pour suivre les rêves d'un même personnage. Ce qui lui arrive reste très abscons même si l'on est supposé comprendre que chaque époque est centrée sur un sens particulier, l'ouïe, la vue etc. et un moment de l'histoire de la Chine.
Pour flatter un entre-soi de cinéphile, les allusions à l'histoire du cinéma truffent ce récit qui n'en est pas vraiment un, de très nombreuses références. On pourrait en faire l'objet d'un examen pour historiens du cinéma : établir la liste des films évoqués !
Il y a quelques concepts ésotériques qui parsèment le récit, telle cette idée que vivre sans rêve, c'est comme une bougie non allumée. Et vous verrez à plusieurs moment dégouliner de la cire fondante comme pour marquer les chapitres. Pour les plus attentifs, je précise que le thérémine dont il est question à un moment est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1920 par le Russe Léon Thérémine.
Une autre constante du film est la violence physique qui, à force d'être répétée, finit par être déplaisante car elle semble trop souvent imposée au récit sans réelle nécessité.
Bref une œuvre forte, indiscutablement, esthétisante, mais qui a un aspect de calvaire.