Une radiographie de l'INR (Institut national de radiodiffusion) ou plus précisément de sa version flamande NIR (Nationaal Instituut voor de Radio-Omroep) durant les quelques jours qui ont précédés l'invasion de la Belgique le 10 mai 1940.
Deux personnes seront le fil rouge de ces journées terribles.
Une jeune émigrée qui travaille grâce à sa voix utilisée pour des publicités, pour des petits rôles dans des « pièces radiophoniques » dont les enregistrements en studio sont reconstitués de façon très réussie.
Un jeune homme façon « Petit Prince » qui rêve de devenir bruiteur à la radio.
Le récit mêle de façon subtile le côté amusant de ces activités dans un décors admirablement mis en valeur, celui du bâtiment construit par Joseph Diongre inauguré en 1938, et les destins tragiques qui s'annoncent pour la plupart des personnages évoqués.
C'est là l'intérêt du film, rappeler la confusion politique et idéologique qui régnait alors.
Entendre évoquer la bataille des éperons d'or, l'hymne national soviétique mais surtout les remerciements d'Hitler au roi Léopold III sont des éléments sonores, comme les voix de Hubert Pierlot et Théo Fleischman par exemple, un personnage considérable, qui sont de belles leçons d'histoire.
L'autres aspect du film est l'évocation lyrique de l'univers des sons.
Tout cela est filmé de façon superbe, tant les intérieurs que les extérieurs. On s'y croirait.
Voilà plus de trente années que ce réalisateur est actif dans la production, deux longs métrages, des séries télé, divers mandats importants comme à la Cinémathèque.
Ce film est une très belle réussite qui nous permet de voir d'où venaient les sons si importants à une époque sans télévision, et d'entendre nombre de témoignages de notre histoire évoquée sans didactisme ni lourdeur, mais avec sensibilité.