Le S de victimes annonce bien que les drames qui seront évoqués génèrent plusieurs autres victimes, invisibilisées, par ce qui a été la cause des premières victimes.
Nous allons passer la journée à suivre une médecin et ses collègues, dans un hôpital danois, en manque de personnel, un peu à la façon du magnifique film Heldin – En première ligne (1753). Les deux films ont en commun de démarrer dans les vestiaires d’un hôpital où se préparent ces femmes, ensuite de les suivre avec une souplesse exceptionnelle et d’aborder de nombreux cas qui se succèdent, se superposent dans cette journée exténuante. Cette fois nous sommes en neurologie, plus en oncologie ou en pédiatrie comme dans L’Intérêt d’Adam (1800). C’est dire que la question des AVC, des ischémies transitoires, de « mort cérébrale » sera centrale dans le film.
Les médecins spécialistes qui collaborent dans ce service d’urgence prennent à chaque instant des décisions vitales, entourés de témoins, professionnels comme les collègues ou les infirmières, et bien entendu les familles généralement très désorientées, stressées, tous dans un climat d’anxiété, d’incertitude.
Dans ce contexte, peut-on considérer que des paroles de réconfort sont des mensonges ?
Comment faire respecter la décision d’un patient (don d’organes, euthanasie,…) lorsqu’il n’est plus conscient et que seule sa famille, parfois divisée, est l’interlocuteur du médecin ?
Comment se préparer au deuil ?
Dans ce climat de médecine à haute tension il est évident que les soignants, malgré tout leur dévouement, ont un cimetière dans leur conscience et leur mémoire.
Ce film rend magnifiquement ce qui pèse sur ces « secondes victimes » celles de limites insurpassables de la science et du dévouement.
Une chose encore qui m’a semblée très réussie, c’est la mixité culturelle des personnes, en particulier celles travaillant ensemble et d’origines différentes.
Il s’agit du troisième film réalisé par une comédienne et cela se remarque dans la précision du jeux des acteurs, tous convaincants.