« Dehors » est la traduction de ce mot italien, à la fois dans son acception d’ordre impératif et de localisation, ici en dehors d’une célèbre prison romaine Casa Circondariale Femminile di Rebibbia, qui durant « les années de plomb » accueillit les détenues de toutes natures, y compris quelques « politiques » dans une ambiance qui nous est décrite avec nuance.
Nous sommes en 1980, à la fin de cette période tragique et c’est une femme de lettre qui est incarcérée. Goliarda Sapienza deviendra très célèbre en Italie pour son roman L'arte della gioia ainsi que pour L'università di Rebibbia qui inspire ce scénario au parfum de biopic, mais il faut connaître la vie de cette autrice pour y retrouver certains éléments très peu compréhensibles de son existence compliquée. Personne ne veut la publier, elle vit d’expédients comme correctrice et sa célébrité ne sera hélas, que post mortem.
Le spectateur est donc baladé de séquence en séquence, dans un montage par flash-back dont les chronologies sont peu évidentes, ce qui ajoute à la confusion du récit.
Il est centré sur cette période d’incarcération et les relations nouées là avec différentes femmes peu ordinaires, une petite frappe, une toxicomane, et le film leur rend une certaine humanité.
Si le début du film est très engageant, rapidement le rythme s’affaisse et une certaine confusion s’installe parce que l’on ne comprend pas où le réalisateur veut en venir.
Certes, c’est amusant de faire une analogie entre ces femmes qui ont volé, et l’écrivaine qui leur « vole » leurs histoires. Mais hélas elles sont un peu disparates, avec un soupçon de saphisme qui semble chercher l’air du temps.
Et au final, le spectateur reste un peu en dehors.