Un film fragile et sensible qui débute par une séquence allégorique, celle de la destruction d’un mur. Ce qui explique l’affiche particulièrement ratée, dépourvue de sens si l’on n’a pas vu ce film qui raconte l’histoire d’un homme dans la quarantaine dont la « crise » n’est ni sentimentale ni sexuelle, mais conceptuelle : que faire de sa vie ? La sienne était celle d’un père de famille mais son couple foire. Il était photographe mais ambitionne de devenir écrivain. Comment briser ce mur social et réunir les conditions d’un épanouissement intime en dehors des pressions économiques qui vous enferment dans une vie professionnelle qui n’a plus de sens pour celui qui la subit ? Ce récit est autobiographique et a inspiré le roman éponyme de Franck Courtès dont le film est l’adaptation.
Mais la pauvreté assumée complique la vie. Alors pour partager son temps entre l’écriture et ses gagne-pain, cet homme accepte des « petits boulots » très variés qui deviendront les sources d’inspiration pour le livre qu’il rédige. La petite faiblesse du film c’est de multiplier ces scènes de travail, interchangeables, qui finissent par se ressembler. Mais qui donne des dérives du monde du travail et des offres d’emploi une vision interpelante.
Bastien Bouillon est très convaincant, touchant, dans cette quête modeste d’un sens à sa vie.
C’est bien entendu le récit de cette vie précaire, reflet de notre époque, qui sera le sujet de son roman qui inspirera une confiance renouvelée à son éditrice très bien campée dans le rôle de donneuse de leçons, de celle qui sait mieux que les autres.
De cette réalisatrice, j’ai commenté déjà Notre Dame (727) et L’Amour des forêts (1196) et l’on retrouve ici sa sensibilité sociale, son regard aigu sur la vie privée d’une moyenne bourgeoisie qui se pose des questions existentielles, originales, qui nous remettent à pied d’œuvre pour repenser nos vies.