La débandade ! Celle d’une espèce de Tanguy ahuri qui vit un conflit infantile avec sa mère chez qui il est retourné habiter, sans ressource. Mais pour trouver du travail il faut un permis de conduire, et c’est coûteux, surtout lorsqu’on n’a pas de travail. Bref, un paradoxe insurmontable. Sauf si l’on accepte un petit boulot de nettoyeur nocturne qui fait le ménage après les fêtes de nantis dans de belles villas. Et la journée, il faut se former pour obtenir le permis avec une prof d’école de conduite qui a un sacré caractère. Et qui se met à donner des conseils bien au-delà de ceux qui concernent le code de la route.
Un baise en ville désigne ces sacs rectangulaires avec bretelle que les hommes utilisaient à un moment mais qui sont passés de mode pour laisser la place aux sacs banane portés en bandoulière et que l’on soupçonne de contenir, outre les papiers d’identité et les clés, quelques capotes anglaises et une brosse à dents pour pouvoir faire face à toutes opportunités.
Bien entendu ce niais lunatique rate toutes les occasions.
Tout cela baigne dans une ambiance qui fait passer les Ch’tis et Les Tuche pour des intellos de haut vol. Et l’esthétique du film est inspirée par les Barbies en soldes.
Les dialoguistes ont compilé les pires jeux de mots à double sens qui sont proférés avec l’intention louable de faire rire mais qui provoquent la consternation.
Le réalisateur assume le rôle principal, espérant sans doute devenir le Pierre Richard ou le Dany Boon de sa génération. Emmanuelle Bercot en prof de conduite se déchaine et si elle n’exaspère pas, au moins fait-elle montre d’une sacrée énergie. Quant à Michel Hazanavicius, il n’a sans doute pas lu le scénario avant d’accepter ce rôle.
Il vaut mieux rester puceau à la campagne.