Le traité des passions humaines. Le film est très beau, par les images, les décors magnifiques, souvent peu réalistes pour les intérieurs, ce qui ajoute un mystère singulier aux ambiances souvent tendues et que les éléments, la nature, accentuent. Le terme wuthering est un mot du dialecte du Yorkshire signifiant le bruit d'un vent violent et tempétueux.
Le film débute de façon très vigoureuse par une pendaison et une bandaison édifiante, surtout pour les jeunes enfants venus en masse. Parmi eux les deux héros du film dans leur jeune âge. La fille est d’un talent magnifique. C’est la « première époque ».
Puis, époque suivante, nous retrouvons Barbie d’une beauté sans humanité. Ses robes, les lieux intérieurs et extérieurs, les nombreux effets de pluie, donnent une impression de grande opulence à la production.
S’installe alors les conflits entre le père en pleine déchéance, la chaperon asiatique, la fille bien entendu et l’homme qu’elle épousera. Mais son amour inabouti de jeunesse, un homme mystérieux, va revenir et provoquer des tentations, des tensions dans une atmosphère généralement hystérique.
Les relations dans les couples, et il y en a plusieurs, sont sadomasochistes, l’homme étant comme la femme, un objet, un jouet. Ce qui donne au film un côté un peu moralisateur avec démonstrations à l’appui. Un féminisme sous-jacent est perceptible.
La réalisatrice, très active dans le métier, aussi comme comédienne dans Barbie (1238) e.a. avait impressionné avec Promising Young Woman (816) et l’on sent ici que les moyens mis à sa disposition lui ont permis de s’exprimer de façon souvent très personnelle. Ce qui donne à ce film fastueux le charme d’une romance, le vernis des reconstitutions d’époque pour nous parler d’aujourd’hui, et un condensé de quelques cas de pathologies sexuelles et sociales, l’ami de jeunesse étant de basse extraction, le mariage avec son amie aurait été une déchéance. C’est devenu un drame.