Je ne comprends pas pourquoi ce titre abscons est utilisé pour l’exploitation commercial du film en français ? Il pourrait se traduire par « Ça marche ce truc ? » ou « Ça fonctionne » ce qui est plus compréhensible au vu du récit de ce couple qui « dysfonctionne ». C’est une année de la vie de ce couple en pleine midlife crisis pour continuer en jargon, qui nous est montrée de façon très « reportage ».
C’est une comédie mélancolique sur le temps qui passe et la crise de la quarantaine.
Nous découvrons ce couple lors d’une réunion « entre amis » comme s’en inventent ceux qui n’ont plus grand chose à se dire en tête-à-tête. Cette même réunion les rassemblera à nouveau à la fin du film, avec évidemment les échanges en lien avec ce dont nous auront été témoins.
Essentiellement l’habitude que prend le mari de s’exhiber dans un Comedy Club qui lui coûtera moins cher qu’un psychiatre, et qui sera plus efficace sans doute. Sauf qu’à son insu, son ex-épouse viendra l’écouter. La suite à l’écran.
La mobilité de la caméra souvent agitée, hésitante, illustre bien le désarroi de ces gens au carrefour de leur vie, filmés avec une focale courte, ne sachant plus quelle direction prendre, enfermés dans un cadre étriqué.
Le film souffre, à mes yeux, de deux faiblesses. Les deux sympathiques enfants du couple n’ont guère d’existence, de personnalités bien construites, singulières.
Et surtout le niveau des dialogues fait du rase-motte, simpliste avec bon nombre de phrases « clichées », de lieux communs. Pour en arriver à conclure « Soyons malheureux ensemble ».
C’est le troisième film de ce réalisateur très talentueux et j’ai commenté déjà A Star is Born (562) dont le vocabulaire était aussi famélique et Maestro (1340)
L’on retrouve ici tous ses talents exceptionnels, mis au service d’un scénario plus ténu, comme une musique de chambre alors qu’il nous avait habitué à des symphonies.
Mais ça fonctionne.