Pour le coup on ne rigole plus ! Un de ces documentaires comme je les aime, qui (re)montrent des choses importantes, qui apportent une grande masse d’informations, d’opinions, jamais simplistes, avec beaucoup d’émotion et qui font réfléchir.
Le sujet est essentiellement le massacre « Charlie Hebdo » mais aussi les autres massacres concomitants de janvier. Et le film sort dans la foulée de ceux de novembre... Ce reportage a un parti clair : réfléchir sur la fonction satyrique, la liberté blasphématoire. Et il amène beaucoup de matière. Les interviews des acteurs/témoins de première ligne, (pas tous : il y a dû y avoir des refus...) des informations précises sur les moments cruciaux, ceux où des décisions doivent-être prises ; vite. Et la longue vibration qui en résulte dans les consciences, dans les esprits de tous ceux qui vivent « l’après » avec la mort de leurs proches amis et collaborateurs en bagage.
Mais aussi les images qui furent tournées, il y a des années déjà pour le procès des caricatures, objet du film C’est dur d’être aimé par des cons. Images qui constituent une partie de ce second film, monté au départ de 30 heures de rushes. On aimerait les visionner tous.
La question mérite d’être réfléchie de savoir pourquoi un tel film doit être proposé en salle... Personnellement j’y vois trois bonnes raisons : honorer par le média cinéma, haut de gamme, la mémoire des victimes ; favoriser la qualité d’écoute et de vision qu’une salle seule peut permettre ; exister indépendamment de toute chaîne télé qui, inévitablement, serait perçue, en bénéficiant d’une exclusivité, comme profiteur de guerre. Canal + est à la production. Mais au moins la « sortie » du film a-t-elle symboliquement été
« tous publics ».