Ce n’est pas un cauchemar, Trump n’est pas de la distribution. C’est un biopic façon buddy movie car nous apprenons dans le générique de fin que l’histoire est inspirée de celle de Jérémy Medjena et du joueur Bouna Ndiaye, français l’un et l’autre, qui partageaient l’ambition de placer des joueurs français d’exception dans la sélection de la NBA, la National Basketball Association, principale ligue de basket-ball au monde. Elle est l'une des quatre ligues professionnelles majeures du sport américain. Et comme le basketball est moins en vogue que le football en Europe, l’on ne mesure pas à quel point les joueurs sont traités comme des pur-sang de course, brassant des sommes colossales. L’excellent film Air (1163) expliquait déjà ce qu’est un dunker, le joueur qui marque un panier en projetant le ballon directement dans l'arceau à 3m05 de haut.
Hélas ce film nous apprend peu sur ce jeu de ballon, rarement mis en scène. La Draft NBA dont il est sans cesse question dans le film est une espèce de marché aux esclaves, dont les règles très complexes permettent aux 30 clubs de la ligue de signer avec des joueurs émergeants, chaque année en juin. Ce sont plus les turpitudes de ces deux ambitieux qui nourrissent le récit, malheureusement de façon un peu répétitive. Dès le début, le rythme est lent et prévisible. Raphaël Quenard a déjà été meilleur et Jean-Pascal Zadi est un peu à la ramasse, le pauvre.
Ceux que le sujet passionne ont peut-être vu Jerry Maguire, Draft Day ou American Underdog pour le football américain. Pour le baseball, Hustle. Ou le plus récent Mercato (1662).
Accordons à ce film une importante qualité, celle de promouvoir la mixité culturelle, la négation du racisme, bref tout ce qui est bien loin du rêve américain d’aujourd’hui.