Ce réalisateur islandais avait été très remarqué pour Godland (1124) mais hélas, cette œuvre-ci, contemporaine, n’a plus aucune des qualités qui avaient impressionné dans sa fresque historique.
Nous assistons au délitement paisible d’une famille.
La mère est artiste et ses créations « monumentales » dont nous découvrons la genèse sont très impressionnantes. Le père est marin pêcheur et sa vie sur un puissant chalutier nous donne à voir des images rares de la vie en haute mer.
Les 3 enfants (ce sont ceux du réalisateur) mènent avec leur chien une vie de leur âge, dans des lieux reculés qui contrastent avec leur vie urbaine.
Les images sont parfois d’une grande beauté comme en proposent ces régions proches de l’Arctique. Le metteur en scène est aussi le chef opérateur, resté fidèle au format 4/3.
La musique de style « piano-bar » donne un ton en rupture avec les lieux et les relations compliquées des parents. Ceux-ci ne seront pas insensibles à un retour de séduction.
Une année se passe, ponctuée de moments complices, d’images rêvées qui se veulent poétiques, le tout capté le plus souvent en plan large et fixe ce qui donne un rythme parfois trop pesant au récit. Sans doute l’image très étrange du premier plan qui nous fait assister à l’arrachement d’un gigantesque toit et sa charpente, donne-t-elle une clé métaphorique pour la lecture de cette œuvre très singulière.