Un documentaire rural, rare, réalisé par une jeune cinéaste qui se trouve être l’un des enfants du fermier dont elle nous propose le portrait.
Nous sommes plongés dans une de ces vies qui, d’ordinaire, n’attire pas l’attention et qu’un cancer va rendre particulièrement fragile.
L’homme dont nous faisons la connaissance n’est pas de ceux qui sont accommodants et sa force de caractère est bien illustrée en de multiples circonstances, et par le point d’honneur qu’il met à maintenir l’emploi de 14 ouvriers dans une exploitation avicole en faillite virtuelle à La Roche-Chalais en Dordogne.
Malgré l’excellence reconnue de ces volailles, le chapon, les pintades, les autruches, l’élevage des volatils, leur nourriture en grain et l’entretien des lieux est plus dispendieux que rentables et exige 60 heures de travail hebdomadaire pour le patron.
Mais une passion habite cet homme, la moto et l’on ne peut rester insensible à cette dimension irrationnelle de sa vie qui est à chaque accident, mise en péril. Et cet engouement est un moment partagé par la réalisatrice qui, un moment, fait équipe avec son père dans une sorte de fusion nouvelle. Sa voix off nous donne les informations utiles à la compréhension de sa démarche.
Nous avions déjà apprécié deux productions documentaires du producteur, Dancing Dog : Lumumba (1212) et Après la pluie (1486). Celle-ci s’ajoute très élégamment à leur palmarès qui ne confond pas le bon grain et l’ivrée, qui n’hésite pas lorsqu’il y a du grain à moudre, même s’il faut un peu avoir un grain pour se lancer en semblables aventures, celles qui témoignent de vies que nous ne pourrions connaître sans ces films.