Cette région martyr de l’histoire et des religions a fait l’objet de plusieurs films passionnants ces derniers temps : No Other Land (1583) The voice of Hind Rajab (1784) Les Filles d’Olfa (1226) Put Your Soul on Your Hand and Walk (1787) ou Inside Gaza et The Sea ou le plus ancien Valse avec Bachir.
Ce film-ci, réalisé par une cinéaste née à Bethléem est très intéressant et se déroule durant l’occupation anglaise de ce territoire et le début de l’arrivée massive de réfugiés juifs provenant d’Europe.
Un film ne peut prétendre remplacer un livre d’histoire, mais il l’illustre ici admirablement.
Le récit débute de façon très amusante par l’inauguration du second émetteur radio d’Afrique, après celui de l’Algérie. Mais très vite une réalité dramatique va provoquer des tensions puis la guerre civile. Les terres appartenant de façon immémoriale aux habitants arabes vont être distribuées aux colons juifs. Le moyen de quantifier ces surfaces était le dounam, surface qu’un homme pouvait labourer en un jour.
Non contant de s’approprier leurs terres, les colons s’appropriaient aussi le travail des autochtones. Et donc très vite, attisée par la brutalité soldatesque anglaise, la grève générale s’organise en août 1936.
Le mandat accordé aux Britanniques avait été approuvé par le Conseil de la Société des Nations le 24 juillet 1922. Le but étant de soustraire ces territoires aux Ottomans.
Le mouvement d’opposition aux occupants anglais fut nommé La Grande Révolte arabe (1936-1939) dont le film évoque et explique la genèse. Les Arabes furent vaincus, exilés et certains se sont ralliés au IIIe Reich. On sait la suite et l’on ne peut éviter l’analogie avec la Guerre d’Algérie et ses exécutions sommaires, les exactions, les fouilles brutales.
Ce film est particulièrement soigné dans sa forme, mélangeant les images d’archives en 4/3 colorisées et celles de format 1/66 tournées pour donner vie aux personnages et au récit, le tout étant parfaitement unifié esthétiquement. Une prouesse technique remarquable !
Bien entendu sur un sujet aussi polémique, il est impossible d’éviter critiques, reproches, voire même condamnation par celles et ceux qui n’y verront pas leurs opinions fidèlement défendues. C’est un rappel utile que le problème de la paix, c’est d’être capable d’accepter la cohabitation.