Ne vous faites pas membre mais allez-y, absolument. Comment être immonde au monde et y vivre encore.
Tel pourrait être le condensé de la réflexion à laquelle invite ce film passionnant, sobre, quasi minimaliste et d’une puissance peu ordinaire. Une communauté rassemble quelques religieux et une religieuse, sorte de garde chiourme pacifiste, dans une village chilien accroché à sa misère et à son abandon, face à une mer qui rappelle, par sa présence même, qu’il est des limites intransgres-sibles par l’homme.
Et pourtant c’est bien ce qu’ont fait chacun de ces cohabitants, à leur manière, mais de la pire façon qu’il puisse être. Et un être bouleversant et repoussant à la fois, vient les interpeler publiquement.
Le spectateur reste suspendu au moindre regard, à la moindre phrase, aux quelques mots balbutiés qui, petit à petit, donneront toute la dimension de ces non-dits délétères et insurpassables.
Tous les acteurs sont absolument stupéfiants de justesse, d’intériorité, leurs discours sur leur foi et leurs pratiques religieuses sont une vomissure qui éclabousse la religion toute entière.
Ce ne sont pas Les hommes de Dieux (ce si beau film !) mais Les hommes du Diable. Car l’horreur absolue ne vient pas d’un ennemi extérieur qui s’abat sur eux, mais elle les habite et a rejailli sur leurs pauvres et innocentes victimes.
Le cinéma dans sa splendeur en ceci qu’il vous dépayse totalement et vous bouleverse profondément.