Mission de vie. Il s'agit de la combinaison des mots japonais iki (生き), que l'on peut traduire par "vie", et gai (甲斐), qui signifie "valeur". Pour en savoir plus :
https://www.domestika.org/fr/blog/9984-qu-est-ce-que-l-ikigai-et-comment-l-appliquer-a-votre-activite-creative
Et aussi ce livre sur le même sujet : Il en faut peu pour travailler mieux, et ce site : www.coachorganisation.com
Vous allez découvrir un univers complétement en marge des pensées dominantes.
C’est à travers ce film que j’en ai entrevu la richesse, l’originalité et l’humour.
Ce film projeté dans la Sélection Officielle du Filmfestival Oostende 2026 et a été honoré de la 4^e^ place du Prix du Public.
Le choix d’Ostende n’est pas anodin dans ce récit qui nous y amène pour plusieurs moments très savoureux, un dialogue succulent en patois, des propos surréalistes sur la digue et la plage, l’évocation en filigrane des univers de James Ensor, Léon Spilliaert, Lewis Carroll, Raphaël, ou d’Arne Quinze parmi tant d’autres qui affleurent dans nombres de séquences.
Il est facile de résumer l’action : depuis l’enfance, nous suivons une jeune fille, Lynn Sumarni interprétée par Marie Phan, en recherche de sens, pour son activité professionnelle, pour sa vie.
Cela commence à l’école et le portrait qui nous en est fait mérite le détour. Les personnages, profs et élèves sont des caricatures qui nous replongent dans un passé pas si lointain. Puis les premières amours et les premiers jobs. De nombreux événements se succéderont à un rythme accéléré qui sont souvent absurdes et/ou hilarants. La bande sonore est d’une diversité étonnante, de Haendel à Anaïs Cassiers, en passant par Clément Corrillon qui, non content de jouer l’un des rôles, nous chante deux œuvres créées pour le film. La caméra suit, telle une guêpe surexcitée, les tribulations de cette séduisante jeune fille, confrontée en des circonstances d’apparences convenues (recherche d’emploi, participation à des formations professionnelles, la préparation d’un défilé de mode…) mais qui toutes sont « décalées » comme celles que Buster Keaton, Jean Cocteau et d’autres poètes comiques nous ont proposé dans cette veine de l’absurde et du non-sens apparent.
Voir tourner en ridicule ces séances durant lesquelles de prétentieux interlocuteurs se gobergent de concepts et de mots ampoulés, est une joie pour celles et ceux qui en ont été témoins. Ici rien n’arrête la réalisatrice qui entretient notre curiosité par une sorte de surenchère dans l’extravagance. Et à y bien réfléchir, tout cela est très réfléchi, avec une touche de féminisme sympa, sous ces aspects carnavalesques un peu potache.