Tourné en 4/3, un fascinant portrait de la folie. Filmé avec toutes les ressources formelles et esthétiques possibles, nous découvrons un couple ordinaire durant un long plan immobile, dans une maison dont ils ont hérité après un décès très inhabituel.
Le film se déroule sur une période de deux années environ avec quelques flash-back, quelques images oniriques, mais surtout une tension créée par cette femme un peu nymphomane, très déséquilibrée, ce qui nous vaudra de nombreuses petites séquences qui en témoignent et une relation plus que singulière avec son mari, le père de leur petit enfant.
Une histoire de famille dysfonctionnelle durant laquelle chacun retrouvera peut-être l’écho de certains moments vécus, douloureux, drôles aussi qui nous feront revivre nos amours.
De cette réalisatrice, j’avais commenté déjà You Were Never Really Here – A Beautiful Day (445) Il était question chaque fois d’une grave folie. Les qualités techniques de la réalisation était déjà évidentes. Cette fois l’hémoglobine nous est épargnée.
C’est Jennifer Lawrence (*Dont’ Look Up – 889) qui nous fait un numéro exceptionnel. Cette comédienne ultra célèbre et très engagée socialement trouve ici un rôle sans glamour mais d’une vertigineuse complexité psychologique qui amènera son personnage en clinique psychiatrique. Les relations familiales sont particulièrement bien dépeintes, comme dans certains de ces tableaux de David Teniers dont les faciès montrent une humanité perturbée. Ici c’est le postpartum diseases qui est le prétexte de cet impérieuse injonction : Meurs, mon amour. Mais il n’y a pas de quoi et si l’on est gourmand de ce genre de réflexions sur les méandres tortueux de nos esprits on pourra vivre cette histoire d’amour avec empathie.