Une voix haute, faite de talents, d’intelligence scénaristique, de délicatesse humaine.
Nous allons partager 6 jours d’une famille tunisienne frappée par le deuil, celui d’un des deux fils de la « douairière », mère aussi de deux filles. L’une d’elles, médecin, est la mère d’une jeune ingénieure qui vit et travaille à Paris. Elle revient à Sousse pour les funérailles.
Marion Barbeau incarne l’intruse, et nous la retrouvons avec plaisir après En Corps (951) et plus récemment dans Gourou (1869).
Un film choral qui nous permet d’explorer les dynamiques et les secrets d’une famille apparemment unie et sereine.
Vous en découvrirez les mystères et les complexités dans le cours du film. Les enjeux de société sont abordés avec nuance et un tact de très bon aloi vu le sujet abordé.
De cette réalisatrice j’avais commenté déjà A peine j’ouvre les yeux (259) et Une histoire d’amour et de désir (844) des films particulièrement réussis comme celui-ci qui nous font partager la vie de familles tunisiennes confrontées à leurs relations internes, à leur environnement politique, et à l’évolution des mœurs.
Cette dernière question est ici, particulièrement intéressante parce qu’elle s’exprime au niveau intime du couple, mais aussi plus largement par les regards des membres de la famille et ceux qu’une enquête policière porte sur certaines personnes soupçonnées de faits coupables selon la loi archaïque qui est évidemment critiquée par la scénariste, non sans un certain courage, même si c’est à voix basse.