Ce n’est pas La Danse des canards ! C’est une immersion pleine de testostérone et d’adrénaline dans un internat « sport-études » qui forme des garçons et des filles ayant une ambition d’excellence dans leurs disciplines sportives ; moins sans doute dans la maîtrise d’un français châtié.
Le prologue est très dynamique, accrocheur dans le genre bien connu des coups de poing à toute volée sur un ring. Il est amusant de remarquer l’usage occasionnel du format d’image iPhone, histoire de souligner que ces grands adolescents s’approprient l’image qui est donnée d’eux.
Un accident va renforcer le lien entre deux étudiants et l’évolution complexe de cette relation sera l’un des points d’attention du film avec cette dimension doloriste chez notre personnage principal, Camille. Il y en a d’autres : la relation avec une étudiante en taekwondo qui est aussi trompettiste, où les quelques moments d’échanges avec les adultes, les familles à peine évoquées, ou les encadrants de l’internat. D’autres encore qui forment une sorte de kaléidoscope de la vie de ce petit groupe qui, incidemment, sera confronté à la problématique de la présence des renards dans leur environnement, animaux liminaires redoutés par les habitants. Le plus talentueux de ces jeunes boxeurs a un parcours qui ne sera pas sans obstacles, tant physiques que psychologiques. C’est ce qui fait l’intérêt du film, cette immersion dans une tribu difficile d’accès si l’on n’en n’est pas l’un des membres.
Un premier long-métrage belge, très réussi et qui nous propose de nombreux sujets de réflexions dont le moindre n’est pas ce « masculinisme » qui se renforce comme une réponse idiote au féminisme. Témoin des changements de notre société, ce récit est à découvrir comme si nous étions de rusés renards.