Faut pas rêver ; ils vont vivre un cauchemar !
Une fille à papa, pétée de thunes, tombe amoureuse d’un jeune danseur mexicain qui émigre clandestinement pour rejoindre à San Francisco cette femme plus âgée que lui.
Si elle est dévorée par une passion très physique, lui a peut-être quelques arrières pensées.
Voilà les ingrédients d’une histoire très contemporaine d’illégaux aux U.S.A., épicée par cette liaison torride, asymétrique par l’âge et la position sociale.
Lui est le parfait et talentueux gigolo dont les sentiments ne sont pas clairs et qui fait rêver une femme en manque, envahie de fantasmes très charnels. Lui souffre de ne pas être du même rang social. Ce qui manifestement la gêne elle dans sa position professionnelle et familiale.
Le rapport de force dans leur couple va être inversé de façon subtile.
Trois thèmes sont richement traités et entrelacés, celui des migrants illégaux, celui de la différence de classe, celui de la passion très charnelle et du désir où se mêlent amour et sexualité.
L’un des grands plaisirs du film est de voir évoluer le travail du danseur dans une mise en scène qui est plutôt une chorégraphie avec ses retournements de situation malgré une sorte de maîtrise qui se dégage de ce milieu de pouvoir, mais qui n’accepte pas les liaisons dangereuses.
Le travail du cadre et de la photographie d’Yves Cape est particulièrement approprié à ce récit tout en élégance et en retenue. Il avait collaboré déjà avec ce réalisateur dans les excellents Nuevo Orden (899), Sundown (1026) et Memory (1512). Yves Cape a été très remarqué aussi pour La Religieuse (017) Sage-femme (386) Orpheline (392) De son vivant (885) La Petite (1276) et Sarah Bernhardt, la divine (1667).
Ce film fait rêver par ce qu’il est possible de raconter au cinéma, de beau, d’intéressant et de subtile.