On n’en demande pas tant. Bien que... Karin Viard soit magistrale dans ce rôle improbable qui lui donne l’occasion de parler avec une verdeur sans précédent pour une femme qui s’en fait la porte-voix, et sans bouche en cul-de-poule non d’une pipe. Bref vous l’aurez compris, pas pour les oreilles chastes qui redoutent les détails techniques exprimés d’habitude par des hommes vaniteux, vantards et grivois, réunis en corps de garde pour carabins. Ici, on parle de sexe en tant qu’organe. Et comme ce n’est que pour quelques scènes limitées et bien contextualisées, on en rit à gorges profondes et déployées. Car le film lui n’est pas franchement une gaudriole.
C’est le rendez-vous d’Éros et Thanatos dans un minuscule hameau improbable, perdu aux confins de l’Aude, là où le parler espagnol garde certains droits.
Isabelle Carré est l’oie blanche par qui tout arrive. Il y a quelque chose de Félicien Rops dans cette jouissive affaire policière, macabre, drôle, très érotisée, où la vie, l’envie, le mystère, la poésie et la mort se sont donné rendez-vous.
C’est très étrange, car l’histoire zigzague, les styles se mélangent, les personnages se juxtaposent sans nécessairement se rencontrer, des débuts d’intrigues scandent le film sans qu’elles ne soient développées ensuite.
Tout cela crée un malaise et un humour, un suspens et un style en patchwork qui déroutent le spectateur. Mais nous vaut des moments tantôt de grande poésie, tantôt de franche rigolade, tantôt de gêne car l’histoire avance en cahotant, prend des pauses et accumule les invraisemblances de façon très déroutante.
Mais c’est l’été, il fait beau, rien n’est pris au tragique, les gens se croisent dans cette quête d’on ne sait pas vraiment quoi.
Et nous laissent sans réponse, en proie à nos propres intérroga-tions sur le désir et la mort, l’humour et la peur.