So British! Avec Ralph Fiennes, l’un des acteurs le plus représentatif de ce type d’interprétations pleines d’*understatement qui font d’un regard tout un discours et d’un Vous croyez ? une attaque frontale. Dans la petite ville tirée à quatre épingles de Ramsden dans le Yorkshire, nous partageons en 1916 la vie de cette communauté attristée par la guerre qui se déroule au loin et qui fait des ravages. L’annonce des décès par le facteur est d’une impressionnante et involontaire violence. Même si c’est le Roi qui écrit, personne ne souhaite recevoir ainsi l’annonce de la mort d’un père, d’un mari, d’un fils.
Et comment, dans ces conditions, maintenir le moral de la communauté et de toutes ces dames enchapeautées qui veulent faire le bien ?
L’histoire est très prévisible, qui consiste à recruter de nouvelles bonnes volontés pour rejoindre la chorale et redonner du moral à toutes et tous.
Pas si simple : qui va-t-on recruter comme chef ? Pour jouer quel compositeur en cette période où les Allemands sont bannis ? Il en est un qui s’impose, grande personnalité reconnue, Edward Elgar. Mais il est catholique et son œuvre évoque le purgatoire ! Sacrilège pour les anglicans. Aussi l’œuvre sera-t-elle retravaillée par les commanditaires de la chorale, ce qui mettra le compositeur en colère lors de son furtif passage pour assister à une séance de travail.
Ce n’est qu’un des sujets qui tissent la trame de ce film plaisant mais sans grande originalité.
Les jeunes hommes doivent partir à la guerre. Et beaucoup d’entre eux n’ont pas encore connu l’amour. Alors, comment faire vite avant le départ ? Comment assumer dans cette société très conservatrice ses penchants homosexuels ?
Toutes ces questions et les personnalités qui en expriment les complexités sont traitées de façon superficielles. Si l’on accepte de voir un charmant feel good movie, cela ne gênera pas, sans nuire à ce film enchanteur.