Je vous jure que ce film est à voir car il vous fera découvrir sans doute le syndrome de Gilles de La Tourette, du nom d’un élève du célèbre neurologue français, le professeur Charcot. Souvenez-vous de la description qui fut faite de son hôpital, La Salpêtrière, dans le film Captive (1421).
Le professeur confie à son élève l’étude de ces phénomènes apparentés à l’hystérie et à la chorée, mouvements incohérents et irrépressibles souvent appelés simplement « tics » ou de façon mal à propos « danse de Saint-Guy ». La maladie décrite porte le nom de celui qui l’a étudiée et s’en trouve ainsi honoré.
Ici, le récit est biopic, et l’on va suivre un cas particulier, celui de John Davidson durant plusieurs périodes de sa vie depuis 1983 jusqu’à 2019.
Nous voyons apparaître les tics moteurs, (gestes obscènes, copropraxie) puis verbaux (mots obscènes, coprolalie) qui se manifestent dans l’enfance, chez les garçons principalement (3 cas sur 4) ce qui donne au comportement de la personne souffrant de cette pathologie un aspect socialement incompatible, voire délictueux et une scène au tribunal, très réussie, illustre toute l’ambiguïté de ce genre de situation.
Le premier niveau de trouble social est familial et il est décrit avec une sincère émotion. Puis vient la personne providentielle qui « sait » le problème et essaye d’aider. Ensuite, la rencontre avec un employeur bienveillant, et un travail inespéré. Et enfin, la prise en compte par la société de cette singularité que notre personnage va expliquer, faire comprendre et, oserais-je dire, populariser.
Outre l’évolution et la diversification de ce comportement, nous partageons le sentiment de culpabilité terrible de la maman, bien sûre, mais aussi de celles et ceux qui voudraient aider mais ne savent pas comment.
Ce film a été préparé avec beaucoup de soins, s’est inspiré d’un documentaire sur ce personnage et la mise en scène, classique, est sobre ce qui convient bien à ce type de film qui mélange l’intérêt pour le phénomène décrit et le respect dû à cette souffrance. Sans évacuer l’humour qui jaillit parfois, mais ça, c’est plus fort que moi.