Furcy est le prénom d’un homme qui vit sur l’île française de la Réunion et qui découvre au décès de sa mère, que celle-ci fut affranchie mais que lui n’en savait rien et subissait, en 1817, le statut d’esclave. C’est tout le combat pour se faire reconnaître « né libre » que le film raconte de façon particulièrement intéressante, une adaptation du livre "L'Affaire de l'esclave Furcy" de Mohammed Aïssaoui.
D’une structure classique, le récit captive par la reconstitution d’époque, par les joutes idéologiques au sujet de l’abolitionnisme et par la qualité des interprètes, de leurs dialogues.
Le film débute par un gros plan sur un rappeur, Danyel Waro, qui nous éructe un texte annonciateur de la thématique du film qui nous amènera jusqu’en 1848, année de l’abolition de l’esclavage le 27 avril, sous la deuxième république, en passant par différentes phases du destin de Furcy.
Louis X en 1315 avait déjà aboli l’esclavage en précisant que tout esclave « touchant le sol français » est affranchi. Louis XIII autorisera la traite des noirs, mais pas sur le territoire français. Il est fait allusion à l’abolition votée le 4 février 1794 puis au rétablissement de l’esclavage dans de nombreux territoires par Napoléon, Premier Consul, en 1802.
C’est d’autant plus intéressant que le contexte historique est peu connu et rien que cette découverte mérite la plus grande attention.
Si l’histoire de l’esclavage dans les colonies Françaises est d’une très grande complexité, augmentée par la diversité des régimes selon les territoires colonisés, le film a cette qualité d’en montrer l’essentiel : la cruauté, la vénalité face au courage de ceux qui se sont donné la force de rompre leurs chaînes.
Il y a dans le film, plusieurs séquences « de prétoire » qui donnent aux acteurs l’occasion de briller dans l’art oratoire des tribunaux.
Et l’on mesure ce que l’Europe doit à ces peuples exploités pour leur développement durant l’époque préindustrielle. Une belle leçon d’histoire.