Il n’y a pas mort d’homme, et l’héritage de ce film dans nos mémoires ne sera pas indélébile.
C’est un parfait polar, de ceux que l’on dépose dans une boite à livre après l’avoir lu sur une plage.
La tension essaye de prendre appui sur un décompte avant une exécution de peine de mort. Le temps (4 heures) restant à vivre au condamné est consacré au récit, une confession à un prêtre qui vient recueillir ses derniers mots.
S’en suit une série de petits chapitres ponctués par des enterrements où se mêlent un parcours machiavélique et deux histoires d’amour qui se font concurrence. Vous noterez que l’initiative du premier baiser est prise par la (très) jeune fille qui reviendra en force dans la vie du personnage principal.
Le point de départ de cette histoire est une sombre affaire de grossesse non désirée mais assumée et de vengeance à la suite de l’ostracisme que la naissance de cet enfant va provoquer.
Au-delà de ces bons sentiments, le reste est d’un cynisme réjouissant, car tellement artificiel que l’on ne peut qu’en sourire.
Ce qui tient compagnie au spectateur, outre le charme des rôles principaux, c’est l’élégance académique des cadrages, des mouvements d’appareil, l’équilibre des images dans des décors somptueux. Bref, un grand savoir-faire déjà pour un réalisateur qui tourne là son deuxième film dont il est l’auteur du scénario. Un peu comme s’il avait voulu nous montrer How to make a filming.