Vraiment nue. Mais pas vraiment nul, si vous arrivez à surmonter la nausée que provoquent inévitablement les images porno hard (pour continuer en anglais) qui débutent le film et le ponctuent de loin en loin.
Et pour cause, il s’agit du portrait d’un homme dont le métier est de produire du porno de bas niveau dans sa maison minable en étant filmé par son fils encore en âge de suivre l’enseignement dans un collège anglais assez traditionnel. Dans son école, il choisira comme sujet de travail, en connaissance de cause, l’addiction au porno. Et il va y travailler en tandem avec une jeune fille de sa classe.
C’est bien entendu l’évolution des relations entre ces deux adolescents qui fait l’intérêt du film.
L’emprise du père, son attitude, sont certes très singulières, mais tellement peu crédibles qu’elles semblent être faites pour le contraste avec la découverte de l’amour entre ces ados et qui amène les corps à se mélanger ; et pas simplement d’en faire un gagne-pain dégradant, même dans sa version bourgeoise du « Alors Chérie, heureuse ? ».
Si un tiers de la bande passante (la bien nommée) du web est consacrée à la pornographie, il faudra bien que notre société s’empare du sujet, du ravage qu’il provoque dans les relations entre les hommes qui y voient « la » norme de leurs performances et les femmes, objets vouées à subir en faisant croire qu’elles aiment ça.
Pleasure de Ninja Thyberg (877) était déjà un film édifiant ; plus récemment Pillion
de Harry Lighton (1911), autre film qui « ose » des images, des séquences, qui ne sont pas simplement l’illustration coquine de sentiments amoureux entre protagonistes d’une histoire qui les a rapprochés. Ici, c’est le cœur du sujet, mis à nu.