Ce titre à double sens est particulièrement approprié pour ce film qui commence par nous révéler une mère de famille à bout de ressources. Et la fin nous montre combien les personnes qui comptent dans nos vies sont essentielles. Sandrine Kiberlain est la mère de trois enfants admirablement interprétés, le fils aîné, ado insupportable, sa sœur au grand cœur et la cadette pas encore à même de tout comprendre. Pierre Lottin, excellent dans le rôle du marginal refermé sur lui-même, va entrer d’une façon peu ordinaire dans la vie de cette famille en grande difficulté. Puis y jouer un rôle déterminant.
C’est le type même de film qu’il ne faut pas spoiler. Mais je ne résiste pas au plaisir d’évoquer quelques répliques des dialogues excellement écrits.
Les boomers qui font la route des vins en Tesla ; faire la différence entre pauvres et fauchés ; est-ce que voler les pauvres aux restos du cœur, ce n’est pas pire que de voler dans une grande surface ? Et j’ai aimé l’expression câlin sandwich pour qualifier ces moments de tendresses.
L’histoire est donc faite de questions sociales, mais pas seulement. Et le scénario nous épargne le versant sentimental d’un couple qui se forme. Ce que j’ai trouvé intéressant aussi, c’est la difficultés des protagonistes à exprimer leurs sentiments, quels qu’ils soient. Ils sont trop pudiques, c’est trop tôt, ils sont désolés, bref des blocages affectifs qu’ils n’arrivent pas à surmonter, même s’ils comprennent que ce serait important pour leur équilibre à tous, je n’ose écrire, à leur bonheur.
Le réalisateur est réputé pour les films publicitaires, il a tourné un long métrage aux États Unis et le rythme du montage n’est pas sans lien avec ce type d’écriture nerveuse, efficace.
Le mélange d’émotion et d’humour dans ce film, est ce qui compte.