You will be surprised par ce meta film japonais réalisé par une personnalité reconnue déjà pour The Tatami Galaxi et En boucle que je n’ai pas vus.
L’action se déroule dans le petit quartier hipster bien connu de Shimo-Kitazawa au Sud-Ouest de Tokyo. Il permet notamment d’y voir du théâtre d’avant-garde au Honda Gekijo Theater ou des films expérimentaux au cinéma Tollywood.
Le réalisateur s’adresse à nous au début du film et nous met en garde : son scénario est très complexe. Son intérêt est le dispositif narratif singulier qui me semble d’une très grande originalité. Il y a du ruban de Möbius dans l’air !
D’une part, il y a une petite troupe de théâtre qui prépare on ne sait quoi mais manifestement le spectacle ne fait pas recette. Et d’autre part nous découvrons une petite salle de cinéma sans spectateur.
L’idée est de voir sur l’écran de cette salle ce qui se passe tantôt dans l’espace d’activité du théâtre, tantôt dans les rues proches, tantôt même dans le cinéma lui-même, si bien que le spectateur se voit à l’écran, avec un ou des spectateurs qui s’y sont installés et avec lesquels se noue un dialogue.
Cela provoque un va-et-vient incessant entre l’écran et la réalité, nourri par une sombre intrigue liée à un vol d’argent dont les préjudiciés aux mines patibulaires viennent demander des comptes.
Comme pour fluidifier le mouvement inspiré par ce ruban qui vous fait repasser inlassablement aux mêmes endroits, les plans caméra à la main sont longs et très mobiles. Ils se répètent de couloir en escaliers, de la salle de réunion du théâtre aux déplacements dans les rues.
Pour accentuer la singularité de son propos qui ne va amener à rien, le réalisateur a choisi une image assez laide et un jeu d’acteur caricatural qui accentuent autant que de besoin la différence entre la réalité et la fiction qu’il tente de confondre ici dans une démonstration que chacun appréciera.