Ce réalisateur japonais (avec un seul i) est connu pour son précédent film Best Wishes to All. Il est sociologue et le thème traité ici en atteste.
Nous sommes immergés dans un collège nippon très stricte. Un jeune qui revient de l’étranger rejoint la classe dans laquelle une jeune fille seulement semble décidée à nouer des contacts avec lui, conquise par son attitude qui laisse passer un peu d’individualisme, de réaction à l’ambiance prussienne dans laquelle sont drillés les étudiants tels de jeunes soldats.
C’est un portrait sombre de la société japonaise qui nous propose des petits moments signifiants illustrant l’effet de groupe dans ce qu’il a de plus grégaire, dangereux pour les plus faibles dans une société où les plus forts imposent leurs lois sous prétexte de « former une famille » qui est magnifiquement matérialisée dans le film par une pyramide humaine d’adolescents en uniforme.
Cette pyramide devient une attraction, une sorte d’acmé de la soumission.
Heureusement une voix s’est faite entendre lorsque l’emprise institutionnelle du système devenait impressionnante « Regarder sans agir, c’est se rendre complice ».
Mais la force des groupes traditionnels de la société japonaise prend le dessus. La famille d’abord, le collège, la vie professionnelle, tout un système qui veut que son propre bonheur se construit en dépit et au dépend des autres.
Un film « mise en garde » qui donne à réfléchir car il met en lumière ce groupe d’un âge particulièrement malléable, influençable et tous les régimes autoritaires savent bien que c’est à ce moment-là que se forgent les mentalités obéissantes aux pires doctrines, surtout si elles se présentent comme « nouvelles » pour un groupe.