Un film venu du Kazakhstan, ce n’est pas fréquent, et son titre anglais désigne une personne dérangée, malsaine, passionnée. Le sujet, une véhémente charge contre la corruption, lui a valu nombres de manœuvres politiques pour entraver son exploitation qui a été un grand succès commercial dans son pays.
L’histoire est celle d’un couple, criblé de dettes. Lui gagne petitement sa vie comme chauffeur de taxi jusqu’au jour où un accident achève de rendre leur situation financière ingérable, les créanciers se faisant de plus en plus pressants.
Une sordide tentative d’escroquerie familiale est mise en place sous prétexte du cancer dont souffrirait l’épouse. Puis l’idée étant jugée bonne, c’est grâce aux réseaux sociaux qu’affluent les soutiens financiers sollicités. Et bien entendu la jalousie, en particulier du milieu criminel d’Almaty qui fut la capitale du pays jusqu’en 1997. Se succèdent alors un nombre considérable de scènes qui deviendront de plus en plus violentes entre des protagonistes qui ne reculent devant rien. La brutalité s’installe dans le couple, jusqu’au féminicide.
Et par une ultime pirouette, le mari prendra possession de cet argent mal acquis.
Le spectateur est sollicité par trois niveaux narratifs : l’illustration du stade le plus achevé du capitalisme, une forme d’humour noir, et enfin la violence débridée qui nous vaut nombre de scènes plus sanglantes les unes que les autres. C’est cet excès qui, selon moi, nuit à l’intérêt de l’histoire, car les déferlements gore n’apportent pas grand-chose, si non d’illustrer de façon sanglante, que l’argent ne fait pas le bonheur.